Actualité à la Hune

Les Sables-Les Açores, le retour

Ça va glisser pour les ministes !

C’est à 19 heures mercredi(heure française) que les 45 rescapés de la première étape de la 7e course en Mini Les Sables-Les Açores-Les Sables prendront le départ, à Horta, de la seconde étape. Au programme de ces 1 270 milles en mode Retour, une prise maximum de risques pour 43 de ces concurrents puisque les deux premiers arrivés, en classe proto et série, se sont offerts une étonnante marge d’avance de plus de 28 heures pour François Jambou (Team BFR-Marée haute) en proto et de 12 heures et des poussières pour Ambrogio Beccaria (Geomag) en série.
  • Publié le : 08/08/2018 - 15:00

Ça va glisser pour les ministes !Avec ses 29 heures d'avance sur son dauphin, François Jambou a de la marge.Photo @ Christophe Breschi

«La route du retour devrait être très rapide, prévient d’ores et déjà Laure Lunven, l’une des organisatrices de cette course. Les prévisions météo annoncent une série de dépressions qui va pousser les coureurs vers Les Sables. Ça va donc se jouer au portant et avec du vent.»

«Du coup, l’arrivée est prévue le 14 août. Comme prévu initialement, alors que nous avons retardé le départ d’Horta de 24 heures en raison de l’arrivée tardive des concurrents à l’aller» ajoute-t-elle.

Cette arrivée «tardive» de la première étape avait été provoquée par des conditions météo «très difficiles», comme l’explique le directeur de course, Denis Hugues. «Il y avait eu trois passages de fronts, avec des vents dans le nez montant à 40 nœuds entrecoupés de phases de pétole interminables.»

Ecarts étonnants

«Ces fronts avec pétole au milieu ont fait office de passage à niveau, d’où les écarts étonnants à l’arrivée, ajoute le directeur. C’est vrai que le garde-barrière y est allé un peu fort mais ça ne veut pas dire que le résultat final est plié d’avance. Il pourra se passer mille choses, pour le retour.»

C’est sur ces «mille choses» que tablent maintenant les dauphins de ces heureux gagnants. Arrivé second en proto, 28 heures après François Jambou, Erwan Le Méné (Rousseau Clôtures) ne dit pas autre chose, d’ailleurs, quand il annonce qu’«à part un cataclysme pour François, chose que je ne souhaite pas, l’affaire paraît pliée. Mais ce qui s’est passé en descendant peut avoir lieu au retour. L’objectif sera donc d’essayer de réaliser l’impossible».

Ça va glisser pour les ministes !Erwan Le Méné devra jouer à cache-cache pour essayer de semer son leader.Photo @ Christophe Breschi

Pour Erwan Le Méné, l’objectif sera d’abord de se faire oublier le plus vite possible par son leader puis, s’il y parvient, d’attraper ensuite un système météo d’avance sur François Jambou pour réussir à son tour le hold-up parfait aux Sables-d’Olonne.

A condition toutefois pour ce dauphin d’enfumer efficacement l’actuel leader, tactique que ce dernier écarte aimablement d’un revers de main en précisant : «J’ai plusieurs objectifs maintenant, dont celui de gagner le championnat de France. Et pour y arriver, il faut que je gagne cette course mais aussi la seconde étape. Je dois donc finir devant Erwan aux Sables et c’est ce qui va guider ma façon de naviguer sur le retour.»

Premiers coups fourrés

Erwan Le Méné ayant de son côté 19 heures d’avance sur le troisième dans cette classe, à savoir Axel Trehin (Tartine cherche du Beurre), pourra du coup se permettre de ne pas subir la pression de ce troisième larron. C’est donc à un mano à mano au milieu de l’eau que vont se livrer ces deux-là. Et sans doute même dès la première nuit de course puisque le départ sera donné à 17 heures (heure locale), soit moins de cinq heures avant la tombée d’une nuit propice aux premiers coups fourrés et autres tentatives d’enfumage.

Ça va glisser pour les ministes !Dans la classe série, Ambrogio Beccaria est arrivé aux Açores avec plus de 12 heures d'avance.Photo @ Christophe Breschi

«Chacun tentera le tout pour le tout mais je ne vois pas vraiment de miracles possibles pour ce retour, diagnostique de son côté le directeur de course. Ça sera une étape de glisse. Dans les premières 36 heures, ils auront droit à des passages de petits fronts. Puis des fronts plus creusés, avec des vents de 30 à 35 nœuds, mais toujours au portant. Et surtout pas de grosses pétoles entre les fronts pour faire passage à niveau.»

«Les écarts risquent donc d’être beaucoup moins importants aux Sables, avance encore Denis Hugues. L’objectif raisonnable de chacun sera donc de gagner l’étape parce qu’il ne faut pas oublier qu’avec de tels bateaux de 6,50 mètres, même très rapides, on ne peut quand même pas aller assez vite pour aller chercher un autre système météo, quitte à prendre des risques en y allant. Sur des Mini, les coups de poker sont assez limités.» Réponse le 14 août, aux Sables-d’Olonne.